Poison
Lorsque plus rien ne compte :
L’amour, la vie, la mort ;
L’âme quitte son corps.
Présent, absent, ailleurs ;
L’esprit s’envole, il meurt.
Et l’on semble être loin,
Alors tout ne fait qu’un,
Et un rien devient tout,
On croit devenir fou,
On n’a plus goût à rien,
Tel un ange gardien,
Me surveillant d’en haut,
Mon esprit ne dit mot,
Il ne peut que me voir,
Observant sans pouvoir
Agir ou me rejoindre !
Il tente de m’atteindre
Mais ce sera en vain,
Car il est aux confins
De ma réalité,
Nous sommes prisonniers,
Lui de cet autre monde,
Où jamais nulle sonde,
Ne pourra le trouver,
Et je suis à jamais,
Prisonnier à la fois
De ce second état,
Et de cette affection
Qui vide les poumons,
Maladie léthargique,
Qui va telle une tique,
Me pomper toute envie,
Et laisser dans ma vie,
Un large trou béant
Pour un enterrement :
Celui de mes désirs,
Et de tous les plaisirs.
L’ennui tel un poison
Coule encore à foison
Dans mon sang infecté.
Mon esprit a échoué,
Il n’a pas retrouvé,
Joie de vivre et gaieté,
Le mal l’a emporté,
Mon corps est prisonnier
De sa réalité.
Le virus a creusé
Un immense fossé
Un large trou béant
Pour un enterrement
Où je serai convié.
Je ne peux échapper,
Au cortège funèbre,
Au glas et aux ténèbres,
Car l’ennui m’a tué,
L’esprit a abdiqué
Et quitté cette terre.
C’est mon corps qu’on enterre !
16 / 06 / 2002 - W